Publié le 18/08/2026

Mise à jour le 25/08/2026

C’Space 2026 : deux équipes d’étudiants de l’ESIEA prennent leur envol

C’Space 2026 : deux équipes d’étudiants de l’ESIEA prennent leur envol

En juillet 2026, des étudiants de l’ESIEA ont participé au C’Space, la campagne étudiante de lancement de fusées organisée par Planète Sciences avec le CNES. Cette édition a réuni deux projets développés par des étudiants de l’école : Stella 2, portée par l’équipe VersaFLIGHT, et Zéphyrus, conçue au sein de l’association Air ESIEA. Deux fusées, deux problématiques techniques et une même expérience : confronter plusieurs mois de conception, de fabrication et d’essais aux exigences d’un lancement réel.

Deux projets, deux approches de l’ingénierie aérospatiale

La participation au C’Space permet aux étudiants de travailler sur des systèmes complets, où la mécanique, l’électronique, l’informatique embarquée, les télécommunications et la gestion de projet doivent fonctionner ensemble. Stella 2 et Zéphyrus illustrent cette diversité.

Stella 2 : mesurer le comportement d’une fusée en vol

Développée par l’équipe VersaFLIGHT du campus de Laval, Stella 2 est une fusée expérimentale de 1,50 m de hauteur pour 65 mm de diamètre. Son architecture associe une structure composite en fibre de carbone et en fibre de verre à une instrumentation développée par les étudiants ingénieurs.

Schéma technique de la fusée Stella 2 développée par VersaFLIGHT

À bord, le contrôleur de vol VersaFLIGHT A02 est associé au module de télémétrie VersaLink. L’ensemble permet notamment l’acquisition et la transmission de données issues d’une centrale inertielle, d’un magnétomètre, d’un baromètre et d’un GNSS. Des jauges extensométriques ont également été intégrées pour mesurer les déformations mécaniques de la structure pendant le vol.

Le projet comprend également un système de récupération compact, avec un parachute elliptique intégré dans l’ogive et un mécanisme de déploiement utilisant une capsule de CO₂.

ACENSI accompagne le projet Stella 2

Stella 2 a bénéficié du soutien d’ACENSI, partenaire du projet. L’entreprise a notamment mis en avant le travail réalisé par les étudiants autour de l’électronique embarquée, de la structure composite et de l’instrumentation.

Équipe VersaFLIGHT présentant la fusée Stella 2 devant l’ESIEA

Ce partenariat donne une dimension professionnelle au projet tout en laissant aux étudiants la responsabilité des choix techniques et de leur mise en œuvre. Pour eux, ce type d’accompagnement permet de confronter un projet académique à des attentes proches de celles rencontrées dans l’industrie : définir une architecture, travailler en équipe, tester une solution et gérer les contraintes d’un projet complexe.

Zéphyrus : un banc d’essai volant pour Air ESIEA

De son côté, l’association Air ESIEA a présenté Zéphyrus, une minifusée expérimentale à l’allure inspirée de l’AIM-9 Sidewinder. Le projet a été pensé comme un banc d’essai volant autour d’une problématique précise : étudier l’effet de rollerons sur la stabilisation en roulis.

Le système de stabilisation est entièrement passif et mécanique. Il utilise les effets aérodynamiques générés pendant le vol pour agir sur la rotation de la fusée autour de son axe longitudinal. Zéphyrus embarque également une télémétrie LoRa et une caméra pilotée par Raspberry Pi afin de documenter le vol et d’exploiter les données recueillies.

Des mois de préparation avant le pas de tir

Derrière les quelques secondes d’un lancement se trouvent plusieurs mois de conception, de fabrication, d’intégration et de tests. Au C’Space, les étudiants doivent aussi composer avec les procédures de qualification et les contraintes opérationnelles de la campagne.

Ces étapes font du C’Space un véritable projet d’ingénierie : chaque élément doit trouver sa place dans un système cohérent, être testé puis intégré sans compromettre les autres fonctions de la fusée.

16 juillet 2026 : Zéphyrus réussit son vol

Après quatre jours de travail sur place à Tarbes, l’équipe Air ESIEA a lancé Zéphyrus le jeudi 16 juillet 2026. Selon le bilan publié par l’association, le vol a été nominal et le système de stabilisation passive a fonctionné comme prévu.

Fusée Stella 2 de VersaFLIGHT en vol lors du C’Space 2026
Crédit photo : Charles Pilon / Planète Sciences

À l’issue du C’Space 2026, Zéphyrus a également été retenue parmi les meilleurs projets de la catégorie minifusées. Une reconnaissance qui vient récompenser plusieurs mois de conception, de fabrication et de préparation, ainsi que le travail mené sur place par Amal Bendaoud, Alice Arafat, Kalvin Poneau et François Leroy.

Le projet a par ailleurs bénéficié du soutien de Procyon Aerospace, qui a permis à Zéphyrus de voler sous les couleurs de la France, ainsi que du soutien de l’ESIEA.

Le C’Space comme terrain d’apprentissage pour les futurs ingénieurs

Stella 2 et Zéphyrus ne poursuivent pas le même objectif. Stella 2 met l’accent sur la performance, l’instrumentation et la mesure des contraintes mécaniques d’une fusée expérimentale. Zéphyrus sert de plateforme d’expérimentation pour un système de stabilisation passive et pour l’acquisition de données de vol.

Mais les deux projets reposent sur une même logique : apprendre en concevant et en expérimentant. Les étudiants doivent passer de la théorie à un système réel, avec des contraintes de masse, de résistance, d’électronique, de transmission, de sécurité et de qualification.

Des compétences en systèmes embarqués mises à l’épreuve

Les projets de fusées font particulièrement écho aux compétences développées en systèmes embarqués : électronique, programmation, acquisition de données, communication entre systèmes, mécatronique, validation fonctionnelle et sûreté de fonctionnement.

La majeure Systèmes embarqués et autonomes de l’ESIEA prépare justement les étudiants à concevoir des systèmes électroniques complexes et autonomes, en associant matériel, logiciel et contraintes de fonctionnement. Le C’Space offre ici un terrain concret pour mobiliser ces compétences dans un projet collectif à forte exigence technique.

Une aventure collective portée par les étudiants

Au-delà des performances des fusées, le C’Space est surtout une aventure collective. Les projets mobilisent des étudiants issus de différentes années et permettent de transmettre progressivement les savoir-faire au sein des associations.

Air ESIEA joue ainsi un rôle dans la découverte de l’aérospatial et dans la réalisation de projets techniques par les étudiants. De son côté, VersaFLIGHT développe progressivement ses propres outils de conception, de contrôle et de télémétrie autour de la famille Stella.

Avec Stella 2 et Zéphyrus, l’édition 2026 du C’Space montre surtout ce que peuvent produire des étudiants lorsqu’ils disposent du temps, des équipements, des partenaires et d’un cadre leur permettant d’aller jusqu’à l’expérimentation.