Thématique 
Actualités 
Date
17 mai 2019

J’ai une carrière peu conventionnelle, du point de vue des technologies sur lesquelles j’ai travaillé, des pays où j’ai exercé ou encore des rôles que j’ai pu avoir. Mon fil conducteur a toujours été la recherche de challenges professionnels et personnels, la volonté de résoudre des problèmes techniques et humains, de toujours créer et innover.

Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur ESIEA (Promotion 1996), j’ai débuté mon parcours en tant que volontaire au service national en entreprise dans une filiale américaine du Crédit Agricole où j’avais effectué mon stage de fin d’étude. On dit souvent que partir à l’étranger permet d’acquérir des responsabilités plus rapidement. Ce fut le cas pour moi : en quelques mois je gérais déjà une équipe produit suite à l’acquisition d’une firme américaine. Mais bien que l’environnement technique fût passionnant, je ne me voyais pas faire carrière dans la finance.

Je m’étais spécialisé en traitement du signal en 5ème année et je me suis alors tourné sur des applications industrielles liées à ma passion pour la musique et l’audio. En Belgique, puis en Inde, j’ai développé des algorithmes de traitement de la parole, des puces de reconnaissance vocale et de compression MP3, des solutions domotiques et des systèmes multimédia embarqués pour automobiles.

Ayant toujours eu le souhait d’explorer mes propres projets scientifiques et techniques, j’ai décidé de postuler au MIT et dans d’autres universités américaines pour poursuivre mes études. Après plus d’un an de préparation à créer un portfolio de projets innovants et armé de lettres de recommandation de quelques profs de l’ESIEA et autres managers, je fus admis au MIT et à Stanford. Je choisis d’entreprendre un doctorat au MIT Media Lab à l’intersection de l’intelligence artificielle, des sciences cognitives et de la musique.

Au MIT, j’ai eu le privilège de travailler avec des pionniers et géants dans leurs domaines tels que Marvin Minsky (intelligence artificielle), Alan Oppenheim (traitement du signal) ou encore Noam Chomsky (linguistique et langages formels). Je pris surtout intérêt dans le processus d’innovation à long terme avec une logique d’impact sociétal. J’ai donc décidé de créer, au sein du MIT Media Lab, une initiative internationale pour former des équipes à travers le monde à des méthodes de design et d’innovation afin de les aider à créer des solutions locales déployables à petite ou grande échelle.

Je suis ensuite parti dans la Silicon Valley où j’ai créé deux startups, la première une spin-off issue de mon doctorat au MIT sur des systèmes de collaboration musicale distribuée. Plus récemment j’ai rejoint ROLI, une startup londonienne d’instruments musicaux connectés où j’ai développé les processus et les équipes de product management pour applications mobiles, puis créé et managé l’équipe data science.

J’ai ainsi poursuivi ma carrière à l’étranger pendant près de vingt ans. En outre, mes travaux ont requis des compétences en traitement du signal, électronique, génie logiciel ou encore systèmes embarqués. Sujets que j’ai abordés à l’école, puis raffinés au cours de mes expériences professionnelles. De retour en France depuis peu, je conseille des entreprises et startups innovantes et participe à l’écosystème entrepreneurial. J’ai également décidé de contribuer au développement et au rayonnement de l’ESIEA en participant à la stratégie et aux programmes pédagogiques, à la recherche et aux actions d’entrepreneuriat.

Outre les compétences techniques, L’ESIEA m’a apporté des compétences humaines et la capacité de faire des liens entre des disciplines diverses et de communiquer mes idées. Je me rappelle avoir choisi de rejoindre l’ESIEA à une époque où c’était l’une des rares écoles à offrir des cours d’intelligence artificielle (modèles connexionnistes et symboliques, logique formelle et floue, etc.) avant même l’apparition du deep learning et le renouveau d’intérêt pour l’intelligence artificielle.

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