Publié le 13/02/2026
Mise à jour le 16/02/2026
Des étudiants de l’ESIEA vont franchir le mur du son au C’Space 2026
Au campus de Laval, des étudiants de l’ESIEA ne se contentent pas d’apprendre l’ingénierie : ils la mettent à l’épreuve en conditions réelles. Depuis 2024, une équipe composée d’Arthur Dumond, Adrien Cartelot et Alexandre Hervieu conçoit, développe et lance ses propres fusées dans le cadre du C’Space, avec un objectif clair pour 2026 : franchir durablement le mur du son et sécuriser le retour des données de vol.
C’Space 2026 : le grand rendez-vous du spatial étudiant
Organisé par Planète Sciences en partenariat avec le CNES, le C’Space est la campagne nationale de lancements de fusées expérimentales étudiantes.
L’édition 2026 se tiendra en juillet sur le camp militaire de Ger, près de Tarbes. Pendant une semaine, des équipes venues de toute la France y présentent leurs mini-fusées et fusées expérimentales, conçues durant l’année universitaire.
Un laboratoire grandeur nature pour les futurs ingénieurs
Le C’Space constitue un véritable laboratoire à ciel ouvert :
- validation technique en conditions réelles
- essais dynamiques à haute vitesse
- échanges entre écoles d’ingénieurs
- confrontation des choix mécaniques et électroniques
En 2026, les étudiants de l’ESIEA y reviennent avec une ambition assumée : Mach 1.5.

Une aventure débutée au C’Space 2024 : Reddy, la première fusée
Concevoir son propre système embarqué
L’aventure commence comme un défi personnel : construire une fusée pour approfondir les compétences acquises à l’ESIEA en systèmes embarqués.
La fusée Reddy embarque un contrôleur de vol conçu sur carte électronique imprimée, des capteurs inertiels, un système de télémétrie radio longue portée et des algorithmes capables de fournir des données précises sur la trajectoire et la vitesse.

La structure en matériaux composites et le système de déploiement par coiffe éjectable témoignent déjà d’une approche ambitieuse.
Une base technique solide
Lors du C’Space 2024, la fusée atteint des vitesses supersoniques. Les systèmes électroniques démontrent leur robustesse et la qualité du travail embarqué est remarquée par d’autres équipes présentes sur le site.
Cette première participation pose les bases techniques et méthodologiques d’un projet plus ambitieux.
C’Space 2025 : la fusée Stella franchit le mur du son
Avec Stella, les étudiants de l’ESIEA franchissent un cap. L’objectif devient clairement la performance supersonique, avec une fusée expérimentale conçue pour atteindre 1,5 fois la vitesse du son.

La conception évolue fortement : l’usinage métal remplace l’impression 3D pour les pièces critiques, les ailerons sont réalisés en aluminium CNC, la structure composite est optimisée et l’électronique est miniaturisée afin d’améliorer la précision et la fiabilité.
Une dimension scientifique affirmée
Stella embarque une expérience dédiée à la mesure dynamique de la déformation des tubes en vol. L’analyse du comportement structurel en régime supersonique permet d’ajouter une véritable dimension scientifique au projet.
Le vol valide la capacité de la fusée à franchir le mur du son et confirme la fiabilité des systèmes embarqués développés par les étudiants de l’ESIEA.
C’Space 2026 : les étudiants seront au rendez-vous le 11 juillet 2026
Pour le C’Space 2026, l’équipe prépare la fusée “Stella V2” avec une approche centrée sur l’optimisation globale. La structure est allégée, le contrôleur de vol est amélioré et le système de récupération est renforcé afin de garantir la récupération complète des données scientifiques.

L’objectif est désormais d’associer performance supersonique et validation complète des innovations développées au sein de l’école.
Former la nouvelle génération d’étudiants ESIEA
Le projet prend une dimension collective. Une quinzaine d’étudiants ingénieurs de 1ère et 2ème années ont rejoint l’équipe. Ils travaillent sur une mini-fusée pédagogique dont la mission est de protéger un œuf de caille à l’atterrissage, tout en contribuant aux développements de Stella V2.
La transmission des compétences devient un pilier du projet, assurant sa continuité et sa montée en puissance. Avec leur prochaine fusée, les étudiants de l’ESIEA ne cherchent plus seulement à franchir un seuil technologique : ils construisent un projet durable, structurant pour le campus de l’ESIEA Laval et emblématique d’une école d’ingénieurs où l’on apprend en faisant, jusqu’à viser Mach 1.5 dans un cadre national exigeant.
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